lundi 15 septembre 2008

Ma génitrice…

Elle a refusé de me donner son lait à ma naissance, mais plus triste, elle n’a pas voulu de moi à ma naissance.
Quand je la revois des années après avec des frères et sœurs, c’est un choc !
Je suis heureuse et je ne me pose pas de questions pendant un bon moment.
elle me donne des explications que j’accepte, mais tout au fond de moi je sais que ce n’est pas l’entière vérité.
Mais que voulez-vous ?
Ne pas voir sa mère depuis votre naissance, la chercher sur le visage de nombre de femmes, l’imaginant comme-ci et/ou comme ça.
Et soudain, la voilà ! Devant vous ! Qui vous souri ! Qui vous ouvre ses bras ! Et vous vous y précipitez, en manque d’affection.
La prise de conscience ne fut pas brutale, mais progressive.

A la fin, je me rends compte que je ne représente rie pour elle.

Vous savez, je m’étais toujours demandé comment je me sentirais quand je rencontrerais ma génitrice.
Eh bien maintenant, je le sais, je me sens mal…
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jeudi 31 juillet 2008

LES DAMNES

Vous est il arrivé d’avoir pas mal de malheurs à la suite d’un différend avec une connaissance et un quelconque individu, ou même au détour d’une rencontre ?
Je sais maintenant d’où tout cela émane. Mais avant toute explication laissez-moi m’introduire afin de rendre mon récit plus compréhensible. Il existe dans certaines sociétés des hiérarchisations par castes. Je suis Moulaye issu de la caste des guérisseurs. Je n’ai aucunement pensé une once de seconde que j’aurais à exercer ce métier héréditaire. Attiré par la biologie, je menai mes études dans cette filière mais le manque de débouchés aidant, aucune de mes demandes d’emploi ne pu aboutir. Mon oncle féticheur le célèbre et très nanti Sorygbê me fit appel afin de l’aider (je doutai que ce fut l’unique raison : il voulut m’endoctriner aussi) moyennant rémunération conséquente.
Au départ j’accueillais les patients dans son cabinet : une somptueuse villa perchée dans les hauteurs de Cocody (dont une pièce ne s’ouvrait jamais), puis au fil du temps j’assistai à des séances de guérison. Elles étaient impressionnantes pour le biologiste que j’étais, car aidé de plantes et d’incantations incongrues mon oncle arrivait à guérir des maux dont les symptômes demeuraient sibyllins à la médecine. J’étais à la fois subjugué et dubitatif. Il m’apprit par la même occasion les rudiments de l’utilisation des plantes ; chaque plante constituait une panacée même la plus insignifiante.
En plus de sa fonction de guérisseur, mon oncle avait d’autres cordes à son arc : il se disait investi de la fonction d’exorciseur et de du don divinatoire. Il se disait capable de dévier la trajectoire de l’avenir. On le consultait donc pour décrypter l’avenir et le présent. Je doutais sincèrement qu’il soit efficient dans ce domaine car malgré que j’appartienne à la caste des guérisseurs, je demeurais très cartésien. L’avenir émane du hasard et le hasard ne peut être appréhendé.
Devant mon air incrédule, mon oncle répondit un jour : « Tu me prends pour un charlatan, je le vois à ton air hautain d’intellectuel. Nous les êtres particuliers percevons et maîtrisons tous les éléments. Chaque mouvement de feuille, la direction du vent, chaque clignement des yeux ou rêve est un signe pour nous et sujet à interprétation. Après 22 heures, je reçois des clients bien particuliers et j’aimerais que tu assistes à nos rencontres, tu comprendras beaucoup de choses»
. La réception de ceux-ci se faisait dans une pièce différente de celle ou avaient lieu les consultations diurnes; il s’agit de la fameuse pièce qui ne s’ouvre jamais dans la journée. J’y trouvai un oncle grave, plein de morgue et accoutré d’un simple cache sexe en Léopard – c’était burlesque mais je m’esclaffais intérieurement, respect oblige.

Le premier client était un homme qui avait été aidé dans la vie par une femme qui lui donna six enfants. Celle-ci s’était illustrée par son courage et son sens du sacrifice malgré l’opposition farouche de sa famille, jusqu’au reniement et la malédiction des siens. Parfois les parents se substituent à Dieu ; lorsque l’on ne répond pas à leurs aspirations, ils sont capables de souhaiter le pire des malheurs à leur propre sang. Quel démence ! Cette femme avait mis entre parenthèses ses études de médecine en France dès la première année afin de financer celles de l’homme dont elle espérait être la femme un jour. Grâce au sacrifice de cette femme courage, il allait réussir, devenant l’un des hommes d’affaire le plus riche du continent Africain. Mais en lieu et place d’épouser la mère de ses six enfants, il lui préféra une femme plus instruite, l’abandonnant à son propre sort après quinze ans de vie commune. C’est pendant sa nuit de noce que le quidam apprit que la mère de ses enfants avait mis fin à sa vie en même temps que celle des leurs six enfants. Depuis, la vie de cet homme devint géhenne ; il conserva sa fortune mais portait en lui une sorte d’amertume abyssale qui lui faisait petit à petit perdre goût à la vie. Lui aussi fit des tentatives de suicide qui avortèrent comme si on ne voulut pas abréger ses souffrances. Las, il se tourna vers le mysticisme incarné par mon oncle Sorygbê. Comme remède à son mal l’oncle répondit ceci presqu’en transe (je pensai que c’était pour donner une note d’ésotérisme à la chose):
« Tu portes en toi la malédiction d’une femme blessée et de vos six enfants. Dans chaque main que tu serreras, tu distribueras une partie de cette malédiction. Saupoudre toi les mains avec cette poudre à chaque fois que tu veux répandre le malheur ».

Le deuxième client de mon oncle était une femme de quarante sept ans du nom de Kayla qui avait passé son temps à maltraiter sa mère surtout dans les dernières années de sa vie ; une mère démente que l’on retrouvait parfois toute nue dans les rues de la capitale. La vieille dame était copieusement battue par sa fille et enfermée dans le hangar en bois et le toit en aluminium qui trône dans la cour : en période de canicule, on pouvait sentir l’odeur de sa peau qui cramait comme du méchoui. Elle ne voyait la lumière que par l’entrebâillement de la porte qu’ouvrait la servante pour lui apporter le repas. Elle était de temps à autre effrayée par les bruits des pierres que s’amusaient à lancer ses petits fils contre le toit ou entre les lattes du hangar, toujours en scandant : « sorcière ! Sorcière ! ». Elle y demeura enfermée pendant des mois, puis mourut d’épuisement au milieu de ses excréments. Après son départ, la vie de sa fille Kayla fut une succession de malheurs : elle perdit son emploi, le père de ses enfants la quitta, elle mit au monde un mort né et fut atteinte d’un mal qui la taraudait : elle développait tous les symptômes de la tuberculose sans qu’on puisse la déceler cliniquement.
Mon oncle lui dit en consultant ses cauris et toujours avec cette voix d’outre tombe: « Tu souffres à cause des souffrances volontaires infligées à ta pauvre mère.
D’après ce que je vois, tu comptes aussi un nombre pléthorique d’ennemis ? » Elle acquiesça de la tête sans mot dire. Puis il continua : « mais eux ne peuvent te maudire. A chaque fois que tu te mettras en colère contre eux tu leur transmettras ton mal au fur et à mesure. »

Le troisième cas fut le plus pathétique, il s’agissait d’une fille de 15 ans du nom de Jessica, une née damnée. Elle était accompagnée de sa mère. Elle avait eu le malheur d’être la fille unique et adorée d’un général de l’armée sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Il avait exterminé tout un village à coups de hache et machette. Même les bébés étaient dépecés devant le regard hagard de douleur de leurs mères. Les femmes étaient violées devant enfants et maris. Dans le souci de galvaniser ses troupes, il avait tendance à boire le sang et manger le foie et le cœur de ses ennemis, qu’il extirpait à vif avec ses mains. Mais il adulait tout particulièrement le cerveau des vieillards. C’était un tueur froid, un mangeur de chaire fraîche, un monstre au cœur d’acier, une bête épaisse et brute, un monstre de l’enfer. Le mot pitié ne faisait aucunement partie de son vocabulaire.
Mais qui eut cru qu’un homme pareil puisse aimer quelque être humain que ce soit or il avait aimé une seule femme toute sa vie : l’amour de sa vie. On s’étonne de certaines femmes qui ont une capacité à aller avec les plus grandes crapules ; « quelle éducation a-t-elle pu avoir pour se coltiner le diable ? » se demanderont certains. Puis à regarder de plus près, on s’étonne qu’elles soient comme toutes femmes, elles ont des rêves et émotions. Elles ont deux bras, deux jambes et pleureraient devant la tragédie d’un roman photo. Mais je ne vais pas supputer sur le profil psychologique de cette femme.
Elle donnera naissance à sept garçons qui ne franchiront pas l’âge de 5 ans, terrassés par un mal sans nom. La complainte des enfants atrocement expédiés dans l’au-delà avait-elle été entendue par un quelconque esprit supérieur ?
Puis la femme du commandant mis au monde une fillette : Jessica qui vécut au delà des cinq années. De sa naissance à son âge actuel, elle était prise de convulsions douloureuses pendant lesquelles, elle reproduisait les cris d’agonie tantôt des enfants égorgés, tantôt des femmes des centaines de fois visitées dans leur intimité, et par des soldats, et par des objets.
Elle avait réussi à rentrer dans la vie mais elle portait en elle toute la douleur des victimes de son affreux père. Mais ne pensez pas que le regret fut son état d’âme. Il avait fait ce qu’il avait à faire, selon lui. Il supportait stoïque l’insoutenable.
Jessica et sa mère vinrent à mon oncle afin de trouver un palliatif à ses atrocités.
Oncle sorygbê intervint donc par ces propos : « Ton père prenait le pouvoir des femmes en les violant. C’est comme cela qu’il a pris cette malédiction mais il ne l’a pas gardée longtemps car il l’a donnée à ta mère qui faisait pareil avec chacun de ses enfants : ils n’y ont pas survécu. Seule toi as été assez forte. Chaque fois que tu iras avec un homme, introduit ceci en toi » il lui tendit une mixture noirâtre. « Tu leur transmettras une part de ton sale héritage jusqu’à néant. »
La séance prit fin avec cette jeune fille et sa mère. Je fus outré par cette dernière consultation. Jessica était trop jeune pour une telle posologie. C’était pour moi un encouragement à la débauche. Mais en même temps, je brûlais tout de même de curiosité de savoir quelle puisse être l’efficacité de remèdes aussi farfelus. (Mon esprit cartésien domine toujours). Je ne mis pas long feu à attendre.
Le premier client a eu l’inadvertance de laisser sa poudre de malédiction à portée de son fils de deux ans qui avala la totalité du sac. Il mourut et son père fut délivré. Mais à quel prix ?
La cliente numéro deux : Kayla, celle qui avait battu sa mère qui mourut comme une clocharde. Cette cliente qui devait répandre sa malédiction sur des personnes qui titillaient son ire, figurez vous qu’elle le répandit sur ses deux enfants ; ces enfants qui, rappelez-vous, raillaient leur grand-mère démente. En acceptant le remède, elle avait occulté le fait que ses enfants mal éduqués passaient leurs temps à lui tenir tête et à lui voler argent et effets pour les brader. Elle était tous les matins en colère contre eux, en plus de quelques ennemis à qui elle cherchait noise sciemment. Voici comment elle fut complètement allégée de son fardeau de damnation. Elle recouvra sa santé, son travail et son mari, mais ses deux enfants se retrouvèrent en prison après avoir assassiné accidentellement une vieille dame nantie pour la délester de ses biens. Malgré le fait qu’ils soient mineurs, ils furent enfermés avec les adultes violeurs, tueurs, voleurs, qu’ils servirent dans tous les sens du terme.

La cliente numéro trois, la fillette de quinze ans, prit six mois pour extirper le mal qui la hantait. Mais vous ne devinerez jamais comment ? Son père était un sadique dans tous les sens du terme. L’amour immense que lui portait son sanguinaire de père était aussi charnel. Ce fut donc son père qui récupéra tous les maux créés par lui-même ; il sombra dans la folie. Et Jessica revivait.

Mon esprit cartésien en prit un coup. J’eus par la suite la chance de trouver du travail dans mon domaine au grand regret de mon oncle. Depuis, je suis devenu très craintif. J’ai une nouvelle ligne de conduite : je ne réponds plus aux insultes, j’évite de serrer les mains et d’aller avec les femmes dont je ne connais pas l’histoire. Il circule sur cette terre des millions de damnés qui doivent répandre leurs maudites semences et je ne veux pas être leur réceptacle.

Ils transportent des sacs de malédiction
Le dos voûté par la damnation
Ils portent leurs fardeaux de calamités
Grain par grain le mal sera disséminé

La vilenie doit être distillée
A tous coins et recoins de la terre
Ne sera épargnée aucune aire
La calamité sera ensemencée

Insultes, critiques, médisances
Face aux armes des damnés
Aiguisez calme et tempérance
Laissez raisonner l’écho Read more!

jeudi 5 juin 2008

Vaincre l'Histoire

Kigali, Décembre 1999

Voilà, je suis maintenant dans mon pays après plus de quatre années d’absence. Grâce à Dieu, ma maison n’a pas été pillée. Né au pied des mille collines, mes parents morts bien avant le génocide m’ont donné le phénoménal prénom de James Mugirwa, en référence à la pop star James Brown....

Je ne peux prétendre avoir eu une vie aussi fastueuse que celle de mon homonyme, mais qu’est ce qu’on vivait bien au Rwanda avant le génocide ! Pour sûr, les tensions politiques envenimaient nos existences mais qu’est ce qu’on était heureux à Kigali ! J’étais ingénieur agricole au ministère de l’agriculture avant que la guerre me fasse fuir mon magnifique pays, et je m’en sortais plutôt bien.
Après une nuit difficile passée dans ma maison à avoir l’impression d’entendre la lame des machettes dépecer la chair fraîche, j’ai pensé qu’il fallait que je rencontre mon voisin.
Il me fallait exorciser mes vieux démons. Mon voisin, un professeur émérite d’histoire à l’université de Kigali, était aussi un grand ami qui n’hésita pas à m’offrir en pâture aux milices hutues. Mais manque de pot pour lui, je fus sauvé par sa femme Alice-Grâce qui me fit prévenir à temps. Alice-Grâce est aussi une Hutue qui avait passé toute son enfance au Zaïre : elle se disait zaïroise, ceci explique peut être le fait qu’elle m’ait sauvé la vie !? Elle ne se sentait pas concernée par cette guerre fratricide, ou c’était tout simplement une manière pour elle de se détacher de la haine. Oublier qu’on est partie intégrante d’une mauvaise pièce de théâtre dans laquelle on aurait un mauvais rôle, se déterrer de la terre pour échapper à la haine qui dévore l’arbre par la racine, se couper de la sève pour ne pas être infesté, telle est la panacée trouvée par Alice-Grâce pour survivre car on ne pouvait prétendre être plus patriote qu’elle, ce magnifique personnage adorait le Rwanda.
Je m’enfuis d’abord vers l’Ouganda, laissant derrière moi tout ce que j’avais gagné à la sueur de mon front, puis je regagnai Abidjan où vivait une tante.
Je fus tiré de mes pensées par un : « Bonjour voisin ! ». C’était Robert mon voisin. Je marquai un temps d’arrêt, sidéré par cette voix à la fois si familière et antagoniste. Cette voix qui m’avait prédit un jour : « Il y aura des changements au Rwanda, la société sera lessivée de ses impuretés ». À ce moment là, je ne compris pas qu’il s’agissait d’un préambule au génocide. Subitement, je me dis qu’il avait peut être une machette, puis je réalisai que si cela avait été le cas, il y a belle lurette que je ne serais plus en vie : « Faut-il lui serrer la main ou lui faire l’accolade ? » me demandai-je ensuite.
Sans que je ne trouve de réponse, je sentis deux bras vigoureux me prendre et me retourner, puis je sentis une poitrine contre la mienne, une joue contre ma joue. Mon corps était secoué par les sanglots de Robert. Puis avec un grand courage, je le saisis par les épaules et me détachai tout doucement de son étreinte en disant :
- Enfin mon ami Robert, c’est comme cela que l’on accueille son ami que l’on n’a pas vu depuis si longtemps !!! Je le fis asseoir et lui donnai un breuvage. Puis il commença :
- Il s’est passé des choses horribles. J’ai vu l’humanité dans toute son horreur.
- Je sais ami, je vivais avec vous les évènements.
- De là où tu étais, tu n’en mesurais pas assez l’ampleur.
- Ce qu’il faut retenir pour avancer, ce sont les histoires formidables et les actions courageuses dont notre pays a été le théâtre. Il y a eu à côté de ces horreurs, des hommes, des femmes et même des enfants le cœur chargé d’amour qui ont sauvé d’innombrables vies, et ... Prends pour exemple notre quartier, tous les Hutus modérés ou Tutsis ont eu la vie sauve ….
- Grâce à ma femme, coupa t-il fièrement. Elle les a tous fait prévenir par son domestique Gwa-le-muet ; j’ai toujours pensé qu’en plus d’être muet, il était bête. Comment a-t-il pu s’exprimer ? Ça devait être un sacré télé gag, un concentré de grimaces indescriptibles. Imagine Maurice avec ses nasaux qui palpitent et son visage toujours luisant de sueur en train de faire le mime du thème « vous êtes sur une liste noire, fuyez ! ».
Je ne pus m’empêcher de sourire honteusement, rien qu’à l’idée d’imaginer Maurice en train de m’expliquer que ma vie était en danger. Je n’aurais pas pris cet avertissement avec sérieux pour sûr. Pour rassurer mon voisin, je rétorquai :
- Lorsque nous avons reçu des mains de Maurice une liste, avec nos noms, adresses, ethnies et fonctions, estampillée du nom du parti Hutu, Maurice n’a pas eu besoin de nous mimer quoi que ce soit. Et puis tu sais il y a eu les rumeurs de tueries. Nous avons tout de suite compris qu’il fallait quitter Kigali à l’instant même. Ta femme aurait tenté d’alerter les autres quartiers, mais en absence de liste très peu de personnes crurent en ce que Maurice leur mimait.
Il eut quelques secondes de calme où Robert avait l’esprit lointain, il soupira puis il reprit :
- Tu sais le parti hutu nous demandait de dresser des listes avec l’adresse exacte de tous les tutsis et leurs alliés hutus dans chaque quartier de Kigali. La liste était confiée ensuite aux milices armées. Ma femme a subtilisé ma liste et a prévenu toutes les personnes qui y figuraient. Je la bénis aujourd’hui car grâce à elle je n’ai pas été mêlé directement à cette ignominie.
- Où est-elle ? Que devient-elle ? Fis-je avec beaucoup d’intérêt.
- Elle est retournée au Zaïre, elle vit précisément à Kinshasa avec nos deux enfants. Maurice les a suivis. C’est mieux, comme ça ils ne sauront jamais ce qui s’est passé sur cette terre Rwanda.
- Ils le sauront forcément car c’est à jamais gravé dans notre histoire.
Robert soupira, puis il demanda :
- Crois-tu que ma femme leur parlera en bien de moi ?
- Oui ! Tu es leur père. Ta femme a du bon sens et un très grand cœur. Mais pourquoi tu n’essayes pas de les retrouver ?
- Après ce que j’ai fait, je crois que je ne mérite pas cette famille.
- Qu’as-tu fait exactement ?
- Tout ce que j’ai pu dire avant ce génocide me fait honte et a participé à cette abomination. Je tenais des réunions où je dénonçais le complot Tutsi et Belge contre la nation Hutu. Comme remède, je parlais d’exterminer toute la race et empêcher la résurrection de celle-ci au Rwanda en enlevant la citoyenneté Rwandaise à tout Tutsi rescapé.
- Je me rappelle tes nombreuses réunions nocturnes où je n’étais jamais convié. C’était donc de ça qu’il était question !
- Oui ! J’ai fait mieux, j’ai dirigé un groupe de réflexion à l’université qui avait fait des recherches sur la nuisance des tutsis dans notre société Rwandaise.
-Tu étais sous l’impulsion de la folie collective.
- Quelle folie collective ? J’ai ma propre conscience qui devait me faire comprendre que j’allais trop loin : ma grand-mère n’est elle pas tutsie ? Quelle est cette folie qui te fait haïr ton propre sang ?
- Tu aurais été taxé d’Hutu modéré et tu ne serais pas là à me parler, voisin. Et puis tu sais, les Belges nous ont beaucoup opposés, ça devait se terminer comme cela.
- Arrête avec cette théorie, c’est toujours nous race noire que l’on arrive à opposer à la race noire. Finalement nous ne sommes pas en possession de notre propre destin. Il y avait une faille au départ que ces salopards de colons Belges ont su exploiter afin d’asseoir leurs politiques de spoliation : cette capacité qu’ont nos différentes ethnies ou sous-ethnies à se croire supérieures à l’autre ou vouloir se distinguer les unes des autres vaille que vaille. Oui ! Tout a commencé à ce niveau
Bien avant le premier génocide, nos intellectuels n’ont-ils pas essayé de s’unir afin de rétablir la vérité sur notre histoire falsifiée sur laquelle s’appuyaient les Belges pour accentuer nos divisions ? N’a-t-on pas plutôt observé les historiens hutus reprendre cette thèse en leur faveur et les tutsis se réconforter dans leur soi disant supériorité hamitique.
Quand il y eut l’indépendance, pourquoi nos différents gouvernements n’ont-ils pas supprimé les cartes d’identité avec mention de l’Ethnie ? Pourquoi le peuple ne l’a pas exigé ? Qui les en empêchait ? Les Belges ?
Robert marqua un temps d’arrêt ; il semblait réfléchir ; puis il reprit :
- Est-ce que tu connais le syndrome de l’accablé ?
- Non !
- Est-ce que tu sais qu’un milicien Hutu pouvait dépecer plus de cinquante personnes en moins de dix heures sans être drogué ?
- Oui, j’ai entendu parler de quotas journaliers à dépasser afin d’aboutir à une extermination totale en peu de temps.
- Tu sais d’où venait cette grande capacité de destruction ?
- Non !?
- Du syndrome de l’accablé. Le syndrome de l’accablé dans le cas du Rwanda consiste à penser que la situation dans laquelle nous nous trouvons émane totalement des colons avec lesquels les tutsis étaient alliés, puis nous par la suite lorsqu’ils manifestèrent des velléités d’indépendance. Le syndrome de l’accablé lui donne cette force d’exécrer autrui. Il ne peut se sortir de ses problèmes car il se sent accablé par l’intrus mais il recouvre ses forces lorsqu’il s’agit de réprimander son pareil et celui ci prend sur lui en plus de la haine qui lui est destinée, la haine vis-à-vis de l’intrus.
Mais tu sais pour une fois soyons positifs, pour une fois pensons que nous sommes une race forte et que personne ne peut à un moment donné s’inviter dans notre histoire sans que nous l’ayons permis. Si nous pensons que nous avons été les artisans de cette page sombre de notre histoire, nous nous réapproprions notre propre destinée et éviterons de refaire les mêmes erreurs. Chaque Rwandais doit faire son mea culpa et ne pas s’attendre à ce qu’une autre nation le fasse à sa place. A force de tout le temps scander que les autres sont à la base de nos problèmes, nous oublions notre part non négligeable dans ce conflit. Il faut savoir d’où vient l’étincelle : c’est antérieur à l’arrivée des Belges.
Pffff ! J’ai entendu certains parler de frustrations ! De quoi me parles-tu mon frère ? Mais voyons tu es un tutsi, je t’appréciais beaucoup mais ça ne m’a pas empêché de vouloir ta mort insidieusement pendant de longues années. Avant d’être tutsi, n’es-tu pas un homme ? Avant d’être Tutsi, n’es-tu pas Rwandais ? Et cette femme Hutu du quartier des lilas qui a tué ses enfants tutsis ; avant d’être Hutu n’est elle pas mère ?
Sentant que je ne pourrai pas le convaincre avec les effets dévastateurs de la colonisation Belge, je continuai en lui demandant :
- Mais qu’est ce qui t’a fait penser que tu étais dans le faux ?
- Quand j’ai vu la femme d’un de nos politiciens s’enfuir avec une mallette pleine de dollars à l’approche des forces Tutsies pendant qu’elle exhortait les miliciens à persévérer, j’ai eu un déclic. Cette femme qui avait lancé l’ordre d’exterminer les cafards tutsis avait la citoyenneté Suisse et s’enfuyait alors que le Ciel s’assombrissait au dessus de nos têtes.
Il éclata de rire, un rire nerveux et bruyant. Puis il reprit :
- Sais-tu ce que j’ai fait de bien dans cette guerre pourrie ?
- Non ?!
- J’ai demandé aux miliciens Hutus dans leurs fuites de ne pas brûler les maisons des tutsis. Certains comme ma femme ont sauvé des centaines de vies, moi j’ai sauvé des maisons. Voisin, j’ai sauvé des maisons qui ne seront peut être jamais réintégrées par leurs propriétaires. Des ridicules maisons faites de ciment et de bois.
Puis il se remit à pleurer, cette fois je ne pus m’empêcher de verser des larmes puis je me ressaisis et lançai à son endroit :
- Tout ceci est maintenant derrière nous : il nous faut construire notre pays avec comme seule entité, l’identité Rwandaise. Moi je dois retourner en Côte D’Ivoire pour liquider un certain nombre de choses et dès que je serais de retour, je reprendrais mes activités.
- C’est vrai tu es un Ivoirien fini, fit-il avec beaucoup d’humour. Mais ça s’envenime là bas aussi.
- C’est vrai qu’ils ont beaucoup de problèmes à régler mais, je ne pense pas que la situation se dégrade et débouche sur une quelconque guerre. Ils finiront forcément par s’entendre.
- C’est ce que disait beaucoup de Rwandais fit-il évasivement.
- C’est un pays béni de Dieu, comme ils disent. Le simple fait de penser cela les modèrera. C’est bien toi qui parles des pensées positives qui polissent nos actions.
- Je ne pense pas que lorsque tu te trouves sur le continent Africain, tu émanes d’un quelconque pays béni de Dieu, fit-il avec ironie.
C’est sur cette phrase bien pessimiste et contradictoire que Robert me dit au revoir, je le regardai s’éloigner : J’eus pour lui un sentiment de grande pitié puis une succession de questions envahit mon esprit. Comment vivre avec un tel sentiment de culpabilité ? Je me posai la question de savoir comment allaient faire ceux qui ont fait pire que mon voisin ? Je parle uniquement de ceux pour qui l’humanité a maintenant pris le dessus sur la bestialité car tout le monde ne regrette pas. Aurais-je eu la même compassion si Robert avait lui-même tué ? Et si j’avais été Hutu, comment me serais je comporté ?

Je quittai Kigali quelques jours après cette entrevue, je revins deux semaines plus tard pour m’installer définitivement dans ma maison en dessous des fameuses mille collines. A peine arrivé, j’appris qu’un coup d’état venait d’avoir lieu dans mon pays d’accueil la Côte d’Ivoire. Je fus empli d’amertume comme quand vous apprenez la mort d’un être cher, mais pas désespéré, persuadé que le peuple Ivoirien tirera des leçons du Génocide Rwandais. Je pensai à ce moment précis qu’au moins notre drame aura servi à l’Afrique et à l’humanité toute entière, …

Chercher la différence à tout prix

Si nous avions la même couleur de peau
On aurait cherché dans la texture de nos cheveux
Si nous avions la même texture de cheveux
On aurait cherché dans la taille de nos corps

Si nos corps s’élevaient à la même hauteur
On aurait parlé du moule de notre corps
Si nous avions la même envergure
On aurait parlé de la différence de nos orteils

Avec la même forme d’orteils
Le malin aurait cherché dans nos entrailles
La haine se nourrit d’un rien
Offrons à ses viscères amour et tolérance.



La haine imbibe insidieusement nos cœurs avec la facilité qu’a le liquide de s’immiscer dans l’ouate et il s’extrait difficilement non sans laisser des stigmates. Il faut presser, étreindre, tordre, sécher chaque fibre pour en sortir le venin.
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Ma Belle Mère

On a vite fait d’estampiller les belles-mères du sceau de la méchanceté et tous ses corollaires. J’émane d’un foyer polygame ; ma mère est la première épouse. J’arrive en dernier dans sa généalogie après une sœur, l’aînée et un frère. On aurait pu penser que je fus la plus choyée mais ce ne fut pas le cas. Ma mère éprouvait une aversion particulière à mon égard et pourtant je n’avais aucun défaut physique ni mental et j’étais la copie conforme de ma grande soeur. Je ne me rappelle pas à ce jour avoir reçu de la part de celle-ci une infime marque d’affection ou quelque sentiment qui s’y rapporte. Ma mère préférait les deux premiers à moi lilah, et surtout ma sœur Ange. Tout revenait à Ange quand moi j’héritais de ses vieux habits, chaussures et autres accessoires. Malgré les cinq années qui nous séparaient.
Des réflexions du genre fleurissaient à longueur de journée : « Ange est plus belle que toi. Ange a été faite à mon image. Mes deux premiers sont tellement particuliers ! Que vais-je faire d’un enfant comme toi ? S’il y a une ratée dans ma famille, c’est bien toi. Qu’ai-je fait à Dieu pour avoir un enfant comme cela. Hors de ma vue, enfant du diable !… »


A bêtises égales, j’étais battue avec un fouet à deux têtes pendant que mon frère et ma sœur étaient juste sermonnés. Je dormais et mangeais avec les servantes. De temps en temps lorsque mes frères le voulaient bien je partageais leurs nuits climatisées sur une natte au sol.
Je pris beaucoup de retard à l’école car ma mère estimait que je n’étais bonne à rien ; elle retarda mon entrée au cours primaire. Elle détournait à chaque fois l’argent de l’inscription pour acheter des effets supplémentaires à mes deux aînés. J’avoue que j’étais une enfant étourdie mais j’étais loin d’être bête, comme le racontait ma mère à tout va.

Mon père assistait à tout ceci sans broncher ; il ne pouvait pas ne pas voir la différence de traitement. Il lui arrivait de temps à autres d’intervenir en demandant à ma mère d’être moins dure envers moi, et rien de plus. Il était surtout mu par la peur.
Je fus très malheureuse jusqu’au jour ou ma belle-mère fit son entrée dans ma vie ; à mes 12 ans. Aussi il faut dire que mon père fréquentait cette femme bien avant de connaître ma mère mais je ne sus à ce moment pour quelle raison il ne l’épousa pas. Je savais son existence à travers les nombreuses disputes de mes parents et les absences répétées de mon père. Ma belle-mère s’appelait mam’Cory. Elle était moins belle que ma mère mais dégageait beaucoup de gentillesse. A son arrivée, ma mère très mécontente nous fit passer le mot d’ordre de lui rendre la vie invivable. Elle subissait les insultes déguisées de mes aînés avec célérité. Quant à moi, je souffrais trop dans ma chair pour avoir assez de force pour m’en prendre à quelqu’un. Cela accentua la haine de ma mère à mon égard, qui assimila cette attitude à de l’indifférence vis-à-vis de sa propre douleur ; car elle souffrait énormément de la présence de mam’Cory dans son foyer, qui marquait la différence par son calme olympien, sa douceur et sa classe. Ma mère était une vraie furie de méchancetés envers les bonnes, les neveux et oncles qui vivaient avec nous, quand elle pourrissait ses deux premiers enfants. Elle passait toute sa journée à verser des insanités dans la cour familiale. Elle avait des propos très orduriers à l’égard de mon père. Alors que mam’Cory apaisait papa, maman passait son temps à lui faire dresser les poils sur le corps. Et toute la cour était unanime pour dire que celle-ci était un rayon de soleil dans l’enfer que nous faisait vivre maman. Si elle était un rayon de soleil pour eux pour moi elle va s’avérer être le soleil dans toute son intégralité.

Un jour, devant les brimades répétées de ma mère, elle qui ne parlait jamais intervint et se dressa du haut de son mètre quatre vingt (ma mère est toute petite), se mit entre ma mère et moi. Si ma mère avait insisté mam’Cory jura qu’elle ne répondrait plus de sa personne : ce fut la première fois que je vis la peur dans les yeux de ma mère. A partir de ce jour mam’Cory obtint de mon père que je reçoive un meilleur traitement de la part de ma propre mère ; je pus manger à table et dormir avec ma soeur.
Les tactiques de ma mère pour me nuire devinrent plus pernicieuses mais je supportai grâce aux propos apaisants de mam’Cory ; je compris pourquoi mon père l’avait aimée si longtemps. Lorsque mes frères avaient droit à un répétiteur et pas moi, mam’Cory me faisait elle-même répéter les cours. Lorsque mon argent était détourné au profit de mes frères, mam’cory en profitait pour exercer ses talents de couturière et styliste sur moi. Avec elle mon monde n’était plus pareil. Du revers de sa main, elle effaçait toutes douleurs. La vie fut ainsi jusqu’à ce que j’obtins mon bac ; je me préparai à quitter mam’Cory pour rentrer en faculté ; mes frères quant à eux avaient intégré leurs universités respectives à l’étranger, des années bien avant. Je ne pus les suivre car ma mère avait réussi à convaincre mon père que ce serait inutile de m’envoyer faire les études à l’étranger et que cela engrangerait des dépenses insurmontables. Il faut ajouter qu’à cette période, mam’Cory menait une grossesse très difficile : sa première après maintes tentatives et au grand dam de ma mère qui passa son temps à la traiter de femme stérile. Alertée par son intuition, elle me demanda ce que je comptais faire pendant l’année scolaire à venir ; je lui répondis que je préférais la faculté d’Abidjan afin qu’elle mena à bien sa grossesse. C’était sa dernière chance d’être mère, lui avait-on dit car elle était proche de la ménopause.
Ma belle-mère accoucha de son premier fils cinq mois après mon entrée à l’université, j’eus peur qu’elle me repoussât comme ma mère. Elle le sentit et me dit : « Lilah, tu es plus qu’une fille pour moi. Tu es à la fois ma sœur, mon amie, ma confidente. La venue de ton frère ne gâchera en rien l’amour que je te porte. L’essentiel aujourd’hui pour toi, c’est de réussir dans la vie car tu ne peux compter sur un homme. Ton père, malgré tout l’amour qu’il me porte, a épousé ta mère car je ne pouvais pas lui donner d’enfants ; mais en faisant cela, il m’a offert mon plus beau cadeau : toi. Tout ce que Dieu fait est vraiment bon ».
Pendant ce temps la haine de ma mère allait toujours en grandissant mais elle ne trouva pas d’occasion de se défouler sur moi jusqu’au jour où j’eus le bonheur qu’on me demanda en mariage. Mon futur mari était un Haoussa chrétien du Nigeria, il possédait une chaîne de magasins sur le boulevard Latrille. Je ne sais pas ce qui dérangeait ma mère, si ce n’est la perspective d’une vie dorée qui semblait s’offrir à moi, mais elle s’opposa fermement à ce mariage et rallia mon père à sa cause. Il faut que je précise que ma mère n’est en rien musulmane, contrairement à ma belle-mère et mon père. Je ne l’ai jamais vue à l’église non plus. La seule fois ou je la vis prier, ce fut à l’annonce de l’arrivée de Mam’cory où elle s’était déguisée en je ne sais quoi et parlait à la fois à Jésus, Mahomet et Moïse, en égrenant un chapelet arraché à une servante. Elle me fit savoir qu’elle ne voulait ni d’un Haoussa et encore moins d’un Haoussa chrétien. Et que les enfants que j’aurai de cet homme ne seront que bâtardise chrétienne. Elle fit venir son féticheur attitré qui fit des tours de magie grotesques à la face de mon père. Ce féticheur assura à mon père que si je m’engageais, la famille serait frappée d’un grand malheur. Je me mariai tout de même en présence de ma belle-mère et mon frère, qui avait trois ans au moment des faits ; mon père me renia purement et simplement.
Le féticheur croupit actuellement à la maison d’arrêt pour escroquerie (il n’avait pas vu venir le diseur de bonne aventure !) ; il a eu raison quand il parla de malheur qui frappa la famille : ma belle-mère a été emportée par un cancer de l’utérus un an après mon union.

Je ne regrette rien de tout ce qui a pu m’arriver. La méchanceté de ma mère à mon égard a développé chez moi le fait d’aimer mes trois enfants à égalité. Je n’ai aucun enfant préféré, ils sont tous très particuliers pour moi. Je suis capable de dire que je les aime du même amour.
Jamais je n’ai autant pleuré la mort d’un être humain sur cette terre que celle de ma belle-mère et mon grand regret est que mes enfants ne puissent pas connaître la femme merveilleuse qu’elle a été. Elle ne m’a pas mise au monde mais ma douleur était sienne ainsi que mon bonheur. Elle est l’artisan de ma réussite. J’ai appris d’elle la bonté.
Elle est morte trop prématurément pour voir à quel point son unique fils et moi sommes liés. Ma sœur à qui on avait assuré une vie meilleure que moi et qui a épousé un Italien athé ne vit pas dans tout ce luxe et bonheur dont mon mari me couve. J’ai, moi la ratée, l’idiote, à charge mon père éhonté par son suivisme aveugle et ma mère encore plus grincheuse que jamais.
Ma mère continue de me vilipender. Elle ne semble aucunement regretter son attitude vis-à-vis de moi mais je ne lui en veux pas et je ne souffre d’aucun manque affectif car j’ai reçu tellement de mam’Cory.

Si une mère est une oasis de bonté, mam’Cory était la bonté elle-même. Mam’cory ton cœur est un bijou et ton corps son écrin que cette légère terre a jalousement couvert.

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